Netgothfr - Chroniques



N°: 71

AFTER FOREVER + HEADLINE + NIGHTMARE + DARK MOOR

30 Janvier 2004, Kalif, Rouen (76)


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(Photos et vidéos par Richter, chronique par Renaud)


De fait, nous aurions pu voir cette même affiche rassemblée à l’occasion du premier festival organisé par le magazine Metallian, à peine quelques jours auparavant à la Loco, à ce détail près que Moonstone, excellent groupe de heavy à voix féminine, venait en lieu et place de Headline et Luen Ta, une formation rouennaise dont nous ne dirons que du bien par principe, n’ayant pu assister à leur set à cause de banals soucis de circulation. Oui, parce que s’il ne faut pas faire plus de deux heures de route dans les bouchons de l’A13 pour assister à un concert, c’est beaucoup moins drôle.

Manquée également : la prestation d’Amaran, jeune groupe de heavy trash à chanteuse, évoquant aussi bien Sinergy - en moins rageur (ou Evanescence en plus crédible) – pour la voix que Nevermore pour les guitares, notamment sur un titre comme « Inflict », où l’influence de Warrel Dane est franchement palpable. Regrets donc, d’autant que la qualité des deux premiers albums d’Amaran – A World Depraved et Pristine In Bondage promettaient un beau spectacle sur scène... Et pas seulement parce que la demoiselle est ravissante.

Une fois sur place, on ne peut pas dire que le Kalif présente mieux que son nom aux vagues relents de faste exotique défraîchi... Pas très chaleureux, pas très propre et portier pas très souriant. Faisons abstraction de ce premier contact moyennement engageant et rentrons dans le vif du sujet avec...


LE CONCERT DE DARK MOOR





Bon, Dark Moor c’est qui ? C’est quoi ? Eh bien Dark Moor c’est l’équivalent madrilène des Rhapsody, Labyrinth, Elvenking, Fairyland, Freedom Call et consorts : du heavy speed symphonique et épique, noyé de claviers, de soli et de refrains entêtants. Pas un banal groupe de genre ceci dit, vouant un culte à Trilogy de Malmsteen et poussant ses vocalises tel un énième clone de Mark Boals... C’est même un groupe qui aura su, au fil des précédents albums, digérer ses influences luca-turiliennes et accoucher, après un déjà excellent The Gates Of Oblivion, d’un très riche et abouti Dark Moor aux allures, en raison d’un changement de chanteur, de premier album. On ne perd pas au change ceci dit, puisque le jeune homme qui a pris sa place pose un timbre true metal à la fois clair et puissant dans la même tessiture.

Autre menue particularité ce soir : une seule guitare sur scène, celle du fondateur / compositeur du groupe : Enrik Garcia. Une basse, une guitare à la fois rythmique et lead... Comme Manowar quoi ! D’ailleurs, comme Manowar également, Enrik et son comparse délivreront une interprétation métalleuse d’une pièce maîtresse de grande musique : non « Le Vol du bourdon » de Rimski-Korsakov, mais de « La Marche Turque » de Mozart... Sans exagérer le moins du monde, ce fut une tuerie et une autrement plus plaisante démonstration technique que le solo de basse de M. Hernani lors du concert d’Adagio (chronique à venir prochainement) qui, pour mémoire avait lieu la veille du Festival de l’Erèbe, ce qui n’est pas rien.

Côté instruments, les claviers étaient tout aussi bien intégrés que sur CD et le rendu sur scène tout à fait crédible pour un groupe de genre (je me répète mais c’est purement pédagogique). Côté setlist, une autre grosse surprise aux allures de bœuf de fin de tournée : la reprise de Dio, « Rainbow In The Dark » (titre extrait de l’album Holy Diver – 1983 – pour mémoire), avec sur scène, outre de multiples guitaristes (Thank You Molly Hatchet ?) Floor de After Forever et Jo Amore de Nightmare, dont la voix était tout bonnement hallucinante sur ce titre. Il faut dire aussi qu’il ne partage pas que son timbre avec Ronnie James, mais aussi ses boucles.

Hormis un léger problème de micro en tout début de set, ce fut en somme un concert trop bref (30 – 40 mn), composé de titres des deux derniers albums et auxquels auraient pu être ajoutés avec profit des pièces telles que « Nevermore » ou « A New World », et une belle démonstration propre à conquérir le public français s’il ignorait encore qu’il n’y avait pas que Carlos Nunez en Espagne. Parce que l’Espagne c’est aussi Mago De Oz, Terra Santa, Dark Moor et encore d’autres, tels Ordo Funebris (medieval - heavenly) ou Ecodalia (electro dark) et j’en oublie ! Vivement une tête d’affiche ou un festival dark hispanique quoi...

La setlist : Wind Like Stroke, In The Heart Of The Stone, La Marche Turque, The Werewolf, Rainbow In The Dark, Maid Of Orleans, From Hell.


LE CONCERT DE NIGHTMARE





En milieu d’affiche, deux groupes français : une légende et un mal aimé. La légende c’est Nightmare !

Séquence souvenir et / ou édification : Nightmare c’est un groupe français qui chante majoritairement en Anglais certes, mais un groupe français tout de même. Un vieux qui plus est, un de ceux qui ont donné ses riffs à la scène française dans les années 80 et qui mérite, au même titre que Killers, Trust, Sortilège, ADX, ou Blasphème, une place d’honneur dans le panthéon musical hexagonal.

Pour mémoire, Nightmare c’est deux albums en 1984 – 1985 : Waiting For The Twilight et Power Of The Universe, dans une veine SF qu’on retrouvera plus tard chez Gamma Ray, puis une longue nuit de plus de dix années, un maxi de re-formation enregistré en 94 et sorti en 99 – Astral Deliverance - et au cours de cette même année, l’événement : un concert de re-formation avec ADX en première partie et l’enregistrement d’un double Live Deliverance, tout bonnement excellent. Depuis, véritable renaissance avec Cosmovision (2001) au visuel digne d’Enki Bilal un chef d’œuvre d’inspiration, technique et puissant sous forme de concept album : Silent Room (2003) sorti chez Napalm Records, ce qui n’est pas rien... Le coup de foudre à la première écoute ne pouvait que faire naître un désir ardent de voir ça sur scène, le seul regret aura été de ne pas avoir en plus des parties de guitares les quelques nappes et arpèges de claviers ou les chœurs lyriques qui ponctuaient certains titres à la manière d’un Evergrey.

Passés ces quelques points de détail, le set aura été simplement un fabuleux voyage entre les albums et les époques et, souhaitons-leur, à travers cette tournée un véritable retour au grand jour aux côtés des tenants actuels de la scène, des indéracinables Killers à Malédiction en passant par Manigance et bien d’autres. Ils ont de quoi : la voix de Jo Amore n’y étant pas pour rien... C’en est même un type agaçant : racé, doté d’un timbre puissant, caractérisé et d’un accent anglais permettant un excellent rendu des textes (ce qui n’est pas le cas de tous les groupes français hélas) déjà crédibles et trouvant leur inspiration ailleurs que dans le médiéval fantastique... Ah oui, j’oubliais aussi les boucles de Ronnie James Dio...

Séquence hommage et jubilation pour tous les fans du Priest de Judas : la reprise en fin de set de « Electric Eye » (de l’album Screaming For Vengeance). Là encore, la voix assume la comparaison avec le bloc d’airain Halford et les guitaristes, si ce n’est Downing et Tipton en personne, c’est donc leurs frères... Que du bon et de l’enthousiasmant quoi...

La setlist : Corridors Of Knowledge, Mind Matrix Schizophrenia, Cosmovision, Silent Room, Heart Of Fire, Last Flight To Sirius, Sniper In The Playground, Lord Of The Sky, Electric Eye.


LE CONCERT DE HEADLINE







Headline, c’est hélas une toute autre histoire, car distillant une musique par essence moins immédiatement abordable que le heavy de Nightmare. Autant le dire également : Si on n’avait si souvent l’impression d’entendre Symphony X dans les breaks, ce serait simplement un bon groupe de métal prog, équivalent français d’une pointure telle que Vanden Plas.

Petite parenthèse tout à fait personnelle, le fait est que, tout à fait en ce qui me concerne et en dépit de mon amour immodéré pour des groupes aux compos alambiquées tels que Symphony X, Pendragon, Hawkwind, Rush, Kansas, Evergrey ou Dream Theater, la musique d’Headline ne me touche guère en live... Difficile donc d’en dire long...

Le concert de ce soir n’aura pas fait exception : carré, technique, volontaire, délivré avec l’enthousiasme d’artistes convaincus (en dépit d’un petit état de santé de la plantureuse Sylvie-blonde-comme-les-blés-qui-veut-qu’on-l’exorcise – y a qu’à demander) mais une fois encore, difficile de passer après Nightmare. En somme, un set introduit par « Getting Down To It » et clos sur « Give Up Once » représentatif de la composition des trois albums disponibles - Voices Of Presence, Escape et Duality - et bien exécuté mais...

Petite anecdote : qui donc s’est joint à nous pendant Headline ? Messire Olivier Tarabo de Rosa Crux accompagné par Eléonore dont on ne vantera jamais assez l’élégance lorsqu’elle est recouverte d’argile... Je le savais bien que c’était un métalleux honteux (il doit écouter WASP en cachette)... Et surtout le garçon est rouennais... C’eût été dommage de se priver de passer faire un bisou... Mais je m’égare...

La setlist : Getting Down To It, In High Dungeon, The Time Of Lords, Bereft Of Sky, Never Enough, Sad Clown, Exorciiise Me, Awaken Dream, Give Up Once.


LE CONCERT D'AFTER FOREVER







Tête d’affiche de cette première édition du Metallian Festival, After Forever fait partie de ces groupes qui, incontestablement, ont su fédérer un vaste pan du public goth metal. Ce concert s’inscrivant dans la tournée de promotion du mini album Exordium, quelques nouveautés se devaient de parsemer la setlist... De fait, mais pas nécessairement du genre qu’on espérait...

Du côté du visuel en revanche, rien de bien neuf : une Floor pulpeuse et décidée, moulée dans une combinaison anthracite, les cheveux gonflés par une brise perpétuelle, éclipsant presque des musiciens entassés sur une scène vraiment minuscule... Sacrebleu, ça changeait du M’Era Luna...

En fin de compte, ça sentait un peu le roussi : le lieu à la propreté douteuse, les problèmes techniques précédents (le micro défaillant au début du set de Dark Moor notamment), qui, pourtant n’avaient pu entamer la bonne humeur des groupes qui n’hésitaient pas à flâner dans le public (on avait notamment pu dévorer des yeux la splendide Floor qui déambulait avec le petit jeune de Dark Moor)... A quand le choc en retour et la faute à pas d’chance ?

Bref, le concert avait pourtant bien démarré sur « Line Of Thoughts » et « Beneath », l’exiguïté de la scène et sa très faible hauteur promettant un concert tout en interaction et en salive répandue sur le sol. Les titres s’enchaînent sans couac, le clavier et les deux guitares trouvant toujours leur place pour restituer au mieux le foisonnement symphonique des albums. « Monolith Of Doubt », “Tortuous Threnody”, “Estranged”, “The Key”... Sacrebleu, quand donc va arriver « Follow In The Cry ? » nous demandions-nous impatients... Et soudain, c’est le drame ! Le micro ou le retour à l’oreillette de Floor semble lui causer souci et le concert est interrompu. Aller-retours en coulisses, excuses récurentes de la demoiselle au public, nouveau départ, nouveaux soucis... Et le groupe, professionnel et bonne pâte, meuble en petits soli et tente avec un reste de foi de conserver l’attention du public...

Entre temps, côté reprise / bœuf les After auront placé « The Evil That Men Do » de Maiden, titre figurant sur le mini album Exordium. Mieux que rien, finalement, puisque les deux titres prévus en rappel – « Emphasis » et « Follow In The Cry » passeront à la trappe à cause d’un problème technique.

Triste conclusion donc pour un festival pourvu néanmoins d’une bien belle affiche et qui encouragera, à n’en point douter, Metallian à en organiser pléthore d’autres. Bon, pas au Kalif certes, mais en conservant tout de même un excellent souvenir d’une bien belle soirée à la gloire du heavy metaaal !

La setlist : Line Of Thoughts, Beneath, Monolith Of Doubt, Tortuous Threnody, Estranged, The Key, Gloryfying Means, My Choice, Yield To Temptation, The Evil That Men Do, My Pledge Of Allegiance 1, Forlorn Hope. Titres sacrifiés : Emphasis, Follow In The Cry.

Sepul-râle-ment vôtre,

Renaud / evil.muffin.666


LES VIDEOS
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Ces extraits vidéos sont à titre d'illustration et leur qualité sonore n'est pas représentative du groupe en concert / These small video excerpts are for promotional use only and the low-fi sound is not representative of the band quality in live !


LE CONCERT DE DARK MOOR




LE CONCERT DE NIGHTMARE




LE CONCERT DE HEADLINE




Tschüß !

RICHTER

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