Netgothfr - Chroniques



N°: 59

KILLING JOKE + CECHOMOR

29 Septembre 2003, L'Elysée Montmartre, Paris (75)


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(Photos et vidéos par Richter, chronique par Hans Wehrwolf)


Dans l’expectative, le public composite qui ce soir-là remplissait la salle de l’Elysée Montmartre ne s’attendait de toute évidence pas à une telle entrée en matière. Annoncée en dernière minute en remplacement de LYCOSIA initialement prévu, la première partie de la soirée fut en effet assurée par la formation tchèque CECHOMOR, dernier coup de cœur en date de Jaz Coleman, qui a décidé d’en être le producteur suite à son récent et fructueux séjour prolongé dans ce pays.


LE CONCERT DE CECHOMOR



CECHOMOR pratique une combinaison pour le moins atypique de rock et de musique traditionnelle, soutenue par de nombreux apports de violon aux accents de Bohême, lesquels confèrent à l’ensemble une saveur fortement empreinte de folklore est-européen. Diversement appréciée de par son originalité et son caractère pour le moins inattendu, la prestation de ce groupe ne manqua pas, néanmoins, de dévoiler un potentiel créatif sans aucun doute très prometteur dans son créneau musical.

Au terme de cette intéressante représentation, s’abattit soudain sur l’atmosphère régnant dans la salle une tension très palpable, une tension lourde présageant l’apparition sur scène de ceux que tous attendaient...


LE CONCERT DE KILLING JOKE







L’événement tant espéré se produisit enfin : sur fond d’une nappe sonore éthérée en forme d’intro, salués par les clameurs de la foule, les membres de KILLING JOKE dont Jaz, le visage peinturluré de maquillages tribaux, encapuchonné et revêtu d’une sorte de robe chamanique noire ornée d’une représentation de la Grande Araignée de Nazca, firent tout à coup leur entrée. Et aussitôt retentirent, portées par un son énorme, les premières mesures puissamment rythmées de "Communion". On ne pouvait rêver d’un choix plus adapté, car c’est bel et bien de communion dont il s’agit. Communion totale entre le groupe et son public de fans endurcis, gagnés tous deux par une frénésie tribale communicative et d’essence mystique. Les concerts de KILLING JOKE ont maintes fois été comparés à de grandes cérémonies païennes, et ce fut vrai ce soir-là comme ce le fut toujours auparavant.

Cette fois, aucun artifice, pas d’effets visuels ni de projections lumineuses multicolores comme ce fut le cas lors de leur inoubliable passage à l’Elysée Montmartre lors de la tournée Pandemonium, en 1994. Rien de tout ceci, non. Juste la présence brute et captivante d’une énergie ravageuse se suffisant à elle-même, et porteuse d’une indicible charge émotive. A la guitare, l’éternel et incontournable Geordie, pourvoyeur de sonorités si personnelles et d’une précision imparable. A la basse, le talentueux Paul Raven, dont on savoure enfin le retour très remarqué au sein du line up. A la batterie, l’excellent Ted Parsons, ex-PRONG, qui sait remarquablement bien restituer la rythmique puissante et tribale si caractéristique de KILLING JOKE. Au clavier, diffusant des nappes sonores iréelles et envoûtantes du meilleur effet, Nick Walker. Et sur tout ceci vient se greffer la voix inimitable d’un Jaz Coleman très remonté, aux attitudes et aux mimiques grimaçantes, comme véritablement possédé sous l’action de forces mystérieuses.

Les tubes s’enchaînent, proprement foudroyants de par leur puissance. Des titres issus bien sûr du nouvel album, comme "Total Invasion", "Blood on your Hands", "Loose Cannon", "Seeing Red", le très puissant "Death and Ressurection Show", ou comme le supersonique "Asteroid". Mais aussi des titres mythiques de leur ancien répertoire, issus de périodes aussi prestigieuses que celles du premier album ("Requiem", "Wardance", "The Wait", "Change", "Psyche"), de What’s THIS For... ! ("The Fall of Because", "Tension"), de Revelations ("Empire Song"), de Fire Dances ("Frenzy"). Malgré la représentation quasi-inexistante de certaines autres périodes musicales du groupe dans cette playlist, il convient de souligner que contre toute attente, un morceau de la période Night Time a tout de même été joué : le très incisif et très entraînant "Kings and Queens". Outre "Communion", d’autres titres de la période Pandemonium sont joués de façon très efficace, comme l’hypnotique et surpuissant "Whiteout", ou comme le morceau "Pandemonium" qui viendra brillamment clore le show, agrémenté de façon très convaincante par le violon de CECHOMOR !




Puis, les meilleures choses ayant toujours – hélas ! - une fin, vint le moment pénible, où les amplis se turent, où les lumières des spots s’éteignirent, où celles de la salle se rallumèrent, et où le public commença progressivement à évacuer les lieux. Après bien des péripéties, une longue attente, et des complications que l’on aurait pu croire insurmontables jusqu’à la dernière minute, des passes finirent miraculeusement par être obtenus (un grand merci au passage à l’ami Richter pour son aide infiniment précieuse !), et se présenta alors l’occasion rarissime d’approcher les membres du groupe. En backstage, l’accueil fut plus que chaleureux, Paul Raven se montra vraiment fort sympathique, Geordie d’une humeur plutôt facétieuse, et l’on y retrouva un Jaz décontracté et très amical, disposé à accorder pas moins d’une heure de son temps pour un entretien des plus plaisants, le tout en comité très restreint. Des instants magiques qui demeureront des souvenirs inoubliables, sans aucune déception, bien au contraire !

Bien évidemment, celles et ceux qui étaient venus dans l’espoir de voir KILLING JOKE renouer avec sa période New Wave aux sonorités plus soft, celles et ceux qui espéraient les voir jouer "Love Like Blood", ce fameux tube interplanétaire, ingrédient indispensable de toutes les soirées goths dancefloor, en auront été pour leurs frais... Mais les fans confirmés, ceux qui s’étaient déplacés pour voir le groupe dans toute la force de son authenticité, effectuant un retour très réussi à ses racines punks, à l’énergie brute, à la rigidité métallique, et à la rage assombrie et plombée de ses débuts, auront été comblés.

En conclusion, on pourra donc dire que cette nouvelle prestation fort réussie à l’Elysée Montmartre, date unique en France dans le cadre d’une grande tournée internationale, témoigne d’une véritable renaissance après sept longues années de silence pesant. Une renaissance qui confirme si besoin était que nombre de formations actuelles faisant montre d’une vanité exacerbée soutiennent en fait bien mal la comparaison avec ces monstres sacrés... En 2003, KILLING JOKE nous revient donc plus vivant que jamais, au meilleur de sa forme, et peut toujours revendiquer en toute légitimité la fière devise latine qui, en 1990, figurait au dos de la pochette d’Extremities : SEMPER IMITATUM, NUNQUAM IDEM !


Hans Wehrwolf
(Hans CANY)



LES VIDEOS
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Ces extraits vidéos sont à titre d'illustration et leur qualité sonore n'est pas représentative du groupe en concert / These small video excerpts are for promotional use only and the low-fi sound is not representative of the band quality in live !


LE CONCERT DE CECHOMOR




LE CONCERT DE KILLING JOKE




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RICHTER

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