Netgothfr - Chroniques



N°: 103

WAVE-GOTHIC-TREFFEN 12 (jours 3 et 4)

6 au 9 Juin 2003, Leipzig (D)


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(Photos et vidéos par Richter, chronique par Renaud et oeuvrebruitiste)






Troisième journée et croisée des chemins : nous nous sommes séparés en deux, puis trois groupes car nous étions attirés par des scènes différentes.


Salle "Haus Auensee"


LE CONCERT DE DAYS OF FATE

Une après-midi placée sous le signe de l’electro à la Haus Auensee, salle aux allures de théâtre (décidément). Premier acte avec Days Of Fate, formation manifestement bien connue des allemands présents, caractérisée par ses deux chanteurs et une indéniable présence scénique. Public enthousiaste, belle interaction et franc succès pour Days Of Fate qui exécutèrent l’un de leur tubes – "Lost", à la demande (insistante) de cette petite foule de connaisseurs, qu’ils gratifièrent même d’un rappel...


LE CONCERT DE BEBORN BETON

Beborn Beton n’est déjà plus un petit groupe de débutants, puisque le trio s’est formé au début des années 90, compte une dizaine de sorties, CD et MCD confondus... et était présent au WGT en 2001. Mais en dépit d’une indéniable qualité musicale qui n’est pas sans évoquer Depeche Mode, Welle Erdball, Apoptygma Berzerk ou assemblage 23, la prestation de ce jour s’avèrera peut-être moins convaincante aux dires de certain que celle de Days Of Fate... Bien que plus nombreux, les auditeurs semblaient d’ailleurs en majorité moins enjoués... Quid ?

Ceci dit, parmi ceux qui étaient dans l’ambiance et manifestement conquis, on pouvait tout de même reconnaître, Mark Jackson de VNV Nation et les membres de God Module au grand complet, fins connaisseurs en synthpop et en harmoniques dancefloor... Il paraîtrait même qu’on les a vus chanter et danser ! "Sometimes I think we’ve gone too far... But we caaan’t stop fighting !"


LE CONCERT DE MELOTRON

Que d’appels avant l’arrivée du groupe ! Tous scandaient le refrain d’une bombe de Melotron. Pas exclusivement electro, le public comptait de nombreux dark folk ou apparentés. Une clameur emplit la salle lorsque le groupe monta sur scène pour un concert subtil comme un album de Scooter – groupe avec lequel il partage le goût des sonorités technoïdes sans concession, riche de quelques effets pyrotechniques. Evidemment, le public fut unanime et paya de sueur les Melotron qui quittèrent la scène auréolés des lauriers de la victoire...


(Pendant ce temps à la)
Salle "Agra"



LE CONCERT DE CALATHEA



Tout jeune groupe tchèque de goth rock, Calathea devra se contenter, en dépit de très agréables compositions, d’une Agra vide aux 9/10e en ce début d’après-midi. A redécouvrir. Nous devions, dans l’instant, prendre le tram (étrangement rempli de gens en noir) pour nous rendre à la...


Salle "Werk II"


LE CONCERT DE COPH NIA



"One man project" de dark ambient, Coph Nia se caractérise par une musique difficile d’accès en situation de concert. Le public ne semblait d’ailleurs composé de curieux que dans une très faible proportion. Atmosphère déroutante, chargée, presque oppressante et musique à mériter donc...


LE CONCERT DE RAISON D'ETRE



Projet suédois de Peter Andersson, Raison d’Etre recycle sonorités industrielles hypnotiques et ambiances religieuses, baignant l’assistance de nappes torturées et mélancoliques. Le résultat : un "dark ambient ritual" particulièrement efficace, dans la mesure où on sort abasourdi de ce concert, qui pourtant n’est pas le dernier...


LE CONCERT DE DEUTSCH NEPAL



Œuvre désormais mythique de l’étrangement charismatique Lina Baby Doll, Deutsch Nepal distille une musique industrielle sombre et atmosphérique une fois encore déroutante sur scène... Un homme seul, la cigarette dans une main, la canette dans l’autre, scandant plus que chantant, menant son concert comme un office. L’auditeur est tantôt martelé, tantôt câliné, entre atmosphères classiques, martiales et electro, notamment lors de l’exécution de "Tolerance", sans doute l’un des moments forts...


LE CONCERT D'ORDO ROSARIUS EQUILIBRIO



Ce groupe suédois qui naquit des cendres d'Archon Satani évolue dans un univers dark folk / ritual qui le reconnaît désormais comme l’une de ses figures de proue. Premier détail remarquable : la mise en scène est autrement plus riche que pour les formations précédentes : Torches, tentures, timbales, cymbales et tambour laissent augurer du caractère là encore éminemment martial du concert à venir. Hélas, en dépit de quelques premiers titres plus que séduisants, au regard de la difficulté d’accès des précédentes prestations, nous dûmes nous éclipser et reprendre le tram vers la...


Salle "Agra"


LE CONCERT DE DIARY OF DREAMS



Tandis qu’à quelques rues de là, les amateurs de dark folk et de musique industrielle communiaient sur fond d’atmosphères froides et sombres, les allemands de Diary Of Dreams offraient au public de l’Agra son content de mélodies sucrées et d’accents langoureux...

Attendus de New Rock ferme par tous et toutes, leur set aura sans doute conquis ceux (et surtout celles) qui n’avaient jamais auparavant assisté aux poses du bellâtre... Pour les autres qui avaient eu la chance de les voir au festival Purple Moon de mars dernier, rien n’avait vraiment changé. Parti pris artistique ou essoufflement ? Naturellement, tout n’est pas gris et ils termineront leur performance par un traditionnel et sautillant "Butterfly, Dance !" en rappel.


LE CONCERT DE BLACK TAPE FOR A BLUE GIRL





Début de soirée avec Black Tape For A Blue Girl. Belle présence sur scène : trois choristes, un clavier, une flûte traversière, deux violons, un tambour... Bref, une orchestration très riche pour une prestation superbe, et un auditoire attentif et recueilli.


LE CONCERT DE FAITH AND THE MUSE



Autre groupe très attendu aux mélodies ciselées et à l’atmosphère raffinée... Pour lequel les photos parleront d’elles-mêmes (la crampe de l’écrivain qui en plus était ailleurs)...


LE CONCERT DE THE 69 EYES



"Allright ! Are you ready for the Helsinski Vampires ?" On fait difficilement plus "natural born rockstar"... Et Jyrki 69 se sait et se pose comme tel, même s’il présente sur scène une nouvelle allure aux antipodes du prince des ténèbres, mascotte d’Elegy. Chemise colorée, déhanchements sensuels... Une brillante parodie d’Andrew Eldritch en somme...

Les demoiselles de l’assemblée, fines connaisseuses, seront aux anges tout le long du concert dressant un bilan des titres les plus dansants des trois albums des soixante-neuf yeux : de "Wasting The Dawn" à "Still The Water Runs Deep", en passant (entre autres) par "Sleeping With Lions", "Gothic Girl" évidemment, dédicacée à toutes les jeunes femmes présentes, "Crashing High", et de terminer dans un feu d’artifices de cris d’hystérie sur "Brandon Lee".


LE CONCERT DE DEINE LAKAIEN





"Midnight special" éminemment crédible et particulièrement attendu : Le duo Veljanov & Horn, Deine Lakaien... Aux antipodes des riffs proprets des soixante-neuf yeux, Alexander et Ernst, leur piano et un trio de violons enveloppent l’Agra, pourtant peu propice à une atmosphère intimiste, dans une vaste cape moirée et bercent les auditeurs plus d’une heure et demi durant de compositions néo-classique sur le point d’être élevées au rang de classiques... "Love Me To The End", "Down Down Down", "2nd Sun"... "Don’t Wake Me Up" ?





Salle "Agra"


LE CONCERT DE FAUN





Sympathique découverte au cœur du village médiéval, véritable plaisir à retrouver sur la scène de l’Agra en ce tout début d’après-midi, devant un public dont il n’est pas peu dire qu’il est clairsemé... Presque des allures de concert privé donc, pour cette formation qui n’est pas sans évoquer les Merlons Of Nehemia, faisant la part belle au chant et aux orchestrations raffinée, en évitant les pièges des panzers du style Corvus Corax, In Extremo et consorts...

Détail amusant : au second plan, camouflé dans une malle en osier, un sampler fournissait les fonds sonores d’ambiances d’orage et autres nappes éthérées. Belle entrée en matière donc, pour une journée placée sous le signe d’un moyen-âge festif et coloré, en dépit une fois encore d’un décor peu propice au cœur de ce vaste hangar bétonné. Faun s’en tirera cependant avec tous les honneurs. Entre nous, le premier album est très, très bon... Et le livret superbe...


LE CONCERT DE SCHELMISH





Nous parlions de panzers, Schelmisch se sera d’emblée qualifié comme poids lourd, et certainement le groupe le plus massif de ce début de journée. A mesure que l’intermède s’écoulait, nous voyions débarquer sur scène Rateliers entiers de cornemuses, timbales d’orchestre, gongs... Un véritable arsenal...

Les musiciens quant à eux : des forts des halles, tous sans exception, des hommes massifs, des femmes plantureuses, tous bardés de cuir et de clous... A une exception près en fin de compte : le jeune et chétif "apprenti" tel que nous l’a désigné le patriarche... Qui pourtant soufflait tout aussi vigoureusement que ses aînés dans sa bombarde. Et la musique ? A n’en point douter, du traditionnel, du viril, du tonitruant... Bref, du médiéval teuton dans tout son caractère pompier, plein à ras bord d’un second degré hilarant : chahut, discours grandiloquents. Jovial, enthousiaste, puissant et rigoureux : un véritable bonheur et une fois de plus, la démonstration de la prépondérance de l’interprétation sur l’originalité en matière de folk, de l’ "augmentation" sur la création ex nihilo...


LE CONCERT DE DOWN BELOW





Un décor sensé évoquer l’Egypte antique, un concept plus ou moins maladroitement ajusté sur un heavy / goth metal sans grande qualité intrinsèque, des costumes empruntés à la plèbe de Stargate-SG1 et un bellâtre à peine pubère qui se martèle le torse (imberbe) en déclamant ses vocaux rageurs et plaintifs... Etrange, Down Below...

Ah, une petite explosion de feux de Bengale à un moment... Et une pluie de CD de démo ensachés avec un petit historique du groupe et une carte postale... On y apprend, ô surprise, que les membres égyptomanes du groupe ont voulu articuler leur musique autour des mythes de l’Egypte ancienne... Garçon ! La suite !


LE CONCERT D'OSIRIS TAURUS







Et la suite, c’est encore des pyramides et un orientalisme prégnant d’une crédibilité toute relative pour un concert aux allures de cérémonies païenne celtico-egypto-médiévale... Des percussions, de la peau de bête et une Jézabel fardée qui ondule de la croupe en promenant sur l’assistance troublée un regard de braise. Loin d’être transcendant, Osiris Taurus se laisse écouter mais pâtit tout autant que Faun de la démesure de la salle...


LE CONCERT DE SALTATIO MORTIS







On se réveille avec Saltatio Mortis ! Plus rock, plus festif, plus musical et moins atmosphérique, qu’Osiris Taurus, Saltatio Mortis introduisit sa performance par un instrumental de harpe celtique. Entre les mains des saltimbanques : Vielle, guitare, cornemuse, clavier et batterie pour un rock médiéval plutôt entraînant. Là encore, même recette que Schelmisch, les quintaux en moins : une mise scène alerte, bondissante, ponctuées de harangues auxquelles l’assistance se devait de répondre par un "Oooh" admiratif. Un excellent moment et une belle prestation... A renouveler en haut d’une affiche ?


LE CONCERT DE FIDDLER'S GREEN





Bel exemple d’un concept maîtrisé et vécu à fond : le groupe allemand de folk irlandais. Ca ne s’invente pas... "Speed folk" plus exactement, selon la définition du groupe lui-même... Le fait que ça va vite, ça bouge beaucoup et ça saute de partout...

Dans un nuage de fumée, Fiddler’s Green entre en scène. Le premier de la troupe arrive coiffé d’une tête de bélier, symbole récurent mâtiné de paganisme rural que n’aurait pas renié Claude Seignolle... Beaucoup d’énergie pour un concert festif face à un public apparemment déjà conquis, public au sein duquel se trouvait, ravi, le chanteur de Saltatio Mortis.


LE CONCERT DE SCHANDMAUL





Avec Schandmaul, on touche à la tête d’affiche... Groupe déjà célèbre et très apprécié en Allemagne, Schandmaul manie avec brio un rock indépendant lutinant avec des harmonies et orchestration médiévale, avec là encore davantage de finesse que les brutes (jouissives) d’In Extremo. Le public s’amasse et l’Agra atteint presque son seuil numérique d’accueil.

L’attente n’aura pas été vaine, puisque lorsque le concert commence, offrant en pâture au public des extraits de leurs trois albums, la troupe mixte de Schandmaul met littéralement le feu aux poudres qu’avaient amassées les troupes précédentes. Lancé par "Dudelsack", un instrumental introduit par un long thème de cornemuse repris au violon, Schandmaul assène "Teufelsweib", "Hexentanz", "Vogelfrei", "Sichelmond", "Die Drei Prüfungen", l’incroyablement enthousiasmant "Walpurgisnacht" repris en chœur par la foule, "Herren der Winde" et de nombreuse autres compositions aussi riches et subtiles que vigoureuses et entraînantes, pour un concert proprement inoubliable, porté par un son excellent et des musiciens souriants. Plus "treffen" que "gotik" donc... Hinhin...


LE CONCERT DE TANZWUT





Side-project extremo-rammsteinien du Teufel de Corvus Corax, Tanzwut promettait gros son et gros effets. La chaleur n’aura pas permis de jouir des effets pyro, mais le gros son lui y était...

Toute peine méritant salaire, c’est à coups de gros riffs que le public massé et trépignant se voit récompensé, de gros riffs tellement efficaces que la quasi totalité du concert, il sera tout bonnement impossible d’échapper au pogo. Sur scène, aux côtés du diable teuton, un guitariste, un bassiste, un percussionniste, un batteur et deux sonneurs, eux-mêmes échappés de Corvus Corax... Forte présence, poses martiales et pas une once de demi-mesure : un concert très carré (trop ?) et un survol des deux albums de Tanzwut, avec notamment "Am Meer", "Bitte, bitte" et "Nein ! Nein !"...


LE CONCERT DE LETZTE INSTANZ







Seconde tête d’affiche, Letzte Instanz débarque pieds nus devant une Agra chauffée à blanc et avive encore le brasier en introduisant leur performance par un numéro de cracheurs de feu mené par deux barbares portant torche et corne.

Le reste se passe de commentaire : Une souche de rock indépendant, des cordes aux sonorités folk celtico-slave en renforts, deux chanteurs et une gigantesque épure de croix celtique et des musiciens aussi dynamiques que leur répertoire est ardent. Incontestablement, le moment fort de la soirée : "Rapunzel" repris en chœur par le public.

En guise de conclusion, les cracheurs de feu sont réapparus pour une salve d’honneur, et le groupe au complet s’est retiré après un salut en ligne. Le festival aurait pu se terminer là mais...


LE CONCERT DE SUBWAY TO SALLY





Puisqu’il nous restait encore quelque énergie, il eût été dommage de s’interrompre. Et Subway To Sally d’entrer en scène, et le public de lui réserver un véritable triomphe... Et pour cause... Là encore, de la part d’autorités en matière de folk rock et de lutherie ancienne, c’est un déluge de mélodies agressives (ponctuées de quelques balades) aux fragrances vaguement médiévale, déversé par des virtuoses du luth et de la guitare à un, deux voire trois manches. Mention spéciale également au chanteur massif, décoloré et bardé de cuir, tout en douceur et subtilité... Les Subway attaquent, le public danse la gigue, bref, Ca se termine plutôt pas mal pour un marathon de quatre jours...


LE DEPART



Premier élément de constat : la plupart des groupes présents sur le site semble ratisser bien au-delà des étiquettes "gothique", "metal" ou "electro". Ils sont bons, plaisent, vendent des disques et drainent du public en concert et festival sans être ostracisés ou exclus de l’industrie du spectacle... C’est du moins ce qui semble être du point de vue d’un français... Ca paraît tellement simple chez les autres... Passons... Il est temps de reprendre la route et nous levons le camp au milieu des packs de bière éventrés et des déchets divers laissés sur les emplacements vidés dans la nuit. Une expérience à vivre au moins une fois, assurément...



LES VIDEOS
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L'AMBIANCE




LE VILLAGE MEDIEVAL








Tschüß !

RICHTER

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