Netgothfr - Chroniques



N°: 10

17ème FESTI'VAL DE MARNE

11 Octobre 2003, Choisy-le-Roi (94)


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(Photos couleur et vidéos par Richter, photos N&B et chronique par Renaud)


Plus de dix jours de concerts, à peu près autant de sites répartis sur toute l’étendue du Val de Marne et un certain nombre de groupes aux horizons artistiques variés, le Festival de Marne ne se fiche pas de vous...

Une journée en particulier était à même d’attirer sur place les amoureux de subversion musicale et de bière bon marché, du punk vieillissant qui sent le gymnase au skater juvénile tout en baggies et ceintures cloutées : le samedi 11 octobre. Le parc interdépartemental des sports de Choisy-le-Roi accueillait ce jour Parabellum (qui se souviennent encore de leur première femme), Oberkampf, Subway, Greedy Guts, Suprêmes Dindes, Marcel et son Orchestre (oui da, ceux-là même qui chantèrent la vigueur de Dudule) et les Wampas (qui inventèrent le rock n’ roll).


L'AMBIANCE



Belle affiche donc, à dominante punk / rock alternatif et pleine de promesses, un public souriant, participatif et un clément climat qui ne gâchait rien. Sur place : deux chapiteaux (un grand pour les pointures, un moins grand pour les découvertes) un accueillant stand de prévention alcool / MST, un barnum – buvette - salon et des WC de chantiers ultra roots. Belle affiche et belle journée pour vilipender l’esprit serein et une lueur de facétie à l’œil, le bourgeois guindé et tirer la langue aux forces de l’ordre... Rhaaa, « sous les pavés ».


LE CONCERT DE PARABELLUM





C’est devant un public qui comptait presque autant de moins de 20 ans que de fans déjà plus mûrs que Schultz, Sven et les autres lancent les premiers accords de Cayenne... Le son est carré, presque plus rock que punk, et Sven se lance même dans quelques soli à la limite du hard rock. Etonnant mais entraînant, à tel point que les pogos et slams démarrent de suite...

L’air patelin et débonnaire, Schultz en chemise blanche – cravate rouge est tout sourire face à un public qui déjà reprend en cœur « Mooort aux vaches ! Mort aux cooondés ! » et se permet même quelques vannes entre deux titres, dédiant tel ou tel morceau aux pontes de l’industrie du disque... « Saturnin » remet une couche de dérision et le concert s’achève sur un pot-pourri comprenant, entre autres hymnes « Anarchie en Chiraquie »...




Anecdote, un concert punk demeurant, en dépit de l’âge des officiants, ce qu’il doit être, avec son content d’événements hors-normes, on verra vers le milieu du set un enthousiaste auditeur monter sur scène, se faire ceinturer par les vigiles au terme d’un bref pugilat, tandis que Schultz lâche la gratte pour calmer tout le monde... Un jeune homme aux oreilles bien dégagées tentera de participer aux réjouissances, ce à quoi les messieurs de la sécurité s’opposeront...


LE CONCERT DE SUBWAY





Direction le moins-grand-chapiteau, forcément d’autant plus vite rempli que le bar y siège... Sur scène : les quatre demoiselles de Subway y délivrent une prestation qui vaut tout autant pour l’oreille – un rock aussi puissant que mélodieux (influences Noir Désir, Radiohead, PJ Harvey), que pour l’œil – les demoiselles étant, il faut bien le dire, tout bonnement ravissantes dans leurs pantalons de garçons manqués et sous leur coupes de cheveux sciemment négligées. On pourra, côté musique, apprécier une reprise de « mourir pour des idées » de Georges Brassens. Belle présence scénique pour un groupe à suivre, Et pas seulement parce qu’elles sont mignonnes...

Leur premier album : « Rien ne se voit » est semble-t-il déjà gratifié de flatteuses critiques et les demoiselles ont déjà une belle expérience... A l’attention des puristes, sachez que les nanas ont joué en première partie de New Model Army ! Alors Séverine, Justin, il est comment en backstage ?


LE CONCERT D'OBERKAMPF



Séquence nostalgie sous le grand chapiteau : Les membres d’Oberkampf renvoie le punk de la fosse à une époque où il n’était encore pas trop défait par la bière - une introspection quasi freudienne, en somme... Une longue introduction plus tard, Oberkampf lance en pâture à un public moins démonstratif (fatigué ?) son punk au parfum de houblon et de Clash / Sex Pistols, peut-être moins accessible, mais là c’est une question de goût...

Autre anecdote : à nouveau un quidam monte sur scène, se voit accorder la parole par le chanteur et dénonce les suites discourtoises de l’échauffourée survenue lors du concert de Parabellum... Y avait qu’à pas... hein...


LE CONCERT DES SUPREMES DINDES







Nouvelle navette vers le petit chapiteau (« le moins grand », oui) et découverte enchantée des Suprêmes Dindes dont le descriptif (des secrétaires qui forment un groupe à l’occasion d’une soirée de CE ?) nous avaient laissés perplexe... De fait, le spectacle est surprenant : trois secrétaires embourgeoisées en tailleurs aux chant / guitares et basse et un comptable aux allures de bedeau à la batterie... Maquillages criards, boucles d’oreilles grossières et fleurs en plastiques : le tableau est jubilatoire.

L’accoutrement vaut son pesant de talons hauts et leur vaut une bonne partie de la sympathie du public, tandis que la musique, punk rock alternatif enlevé en mode majeur, n’est pas moins agréable à écouter... Et puis les textes, de petites perles caustiques (cf. « Petit français »)... La température monte, la chanteuse se roule par terre, prend la pose, le batteur manque de renverser ses fûts, et l’impensable se produit : les belles se désapent ! Les secrétaires se libèrent, s’affranchissent du joug du patronat et tombent la veste, pour ensuite slamer en soutien-gorge pour le plus grand bonheur des hommes des premiers rangs...

A chaque concert son coup de théâtre : l’une des secrétaires était en fait un homme ! Rafraîchissant, plein d’humour, les Suprêmes Dindes n’ont rien à envier en terme de potentiel de sympathie à Marcel et son orchestre... D’ailleurs, c’est l’heure...


LE CONCERT DE MARCEL ET SON ORCHESTRE





Un nouvel album dans les bacs - « Tous pour un... Chacun ma gueule », Marcel et son orchestre avaient de quoi sortir l’artillerie, les robes à fleurs et les perruques... Dont acte... Une heure de delirium pas très mince, voire franchement gras, mais Marcel annonce la couleur et ne trompe personne... On pouvait d’ailleurs relever dans le public certains efforts de costumes, à base notamment... de robes à fleurs et de perruques...

Punk, reggae, ska, latino, rock, tout y passe et les docteurs ès déconnade s’offrent même le luxe de vanner les punks des premiers rangs, insistant sur le fait que l’inconvénient de ce type de concert, c’est les relents de bière et de transpiration qui montent de la fosse... Les superlatifs affluent et manquent à la fois pour qualifier ce type de prestation... Le titre de leur album live convient assez bien : « Youpii, Groovii, Heavii, Crazii, Sexii Show !!! »...

Une petite culotte vole sur scène, un fan est envoyé naviguer sur la foule en canot pneumatique, des demoiselles montent sur scène pour y être déguisées en fées... Bref, un spectacle global oscillant entre grimace et satire mais qui n’oublie pas de poser des questions essentielles : « Mais où sont passées mes pantoufles ? »


LE CONCERT DE GREEDY GUTS



Tout à Marcel et son orchestre, et craignant de rater le début des Wampas, je n’ai pas pu profiter pleinement de Greedy Guts... Notons cependant la présence d’un nouvel album - le quatrième - dans les bacs : « Making The Business Bigger ». Sur scène : Jé, Nat et Sylvain et leur surf punk assez énergique pour trouver sa place dans ce festival. Rappelons tout de même que le groupe existe depuis 1991 et possède déjà une solide expérience déjà saluée dans la presse... Si si si...


LE CONCERT DES WAMPAS









Enfin, c’est l’heure de la grand messe du punk – yéyé de Didier « qui est le roi »... Et de fait, on ne sait trop que dire pour ajouter à la somme de superlatifs qualifiant déjà ce show tonitruant, mégalo et naïf tout à la fois, jouissif et enthousiasmant à l’extrême... Et il peut se le permettre, au vu de sa respectable carrière, parce qu’il y a eu des Wampas avant « Manu Chao » qui, il faut bien le dire, déclenchera un cœur à l’échelle du chapiteau tout entier...

Didier cherche le public, joue avec lui, le traverse en une gigantesque tournée de bisous pour « Kiss », navigue assis sur une chaise pendant « Les Bottes rouges » (dont il oublie les paroles, mais c’est pas grave), s’assoit tout au milieu, juché sur un flight case pendant « Papillon » ou pousse la goualante sur les épaules de Schultz passé faire un bisou... Ju-bi-la-toire ! Rendons également hommage aux musiciens qui, loin de s’effacer, donnent encore davantage de corps au show de Didier (« qui est le roi », rappelons-le)...

« Ce soir c’est Noël », Didier a la face « Comme un punk en hiver » et nous chante une chanson dont il ne connaît pas les mots et pour cause : « J’ai avalé une mouche »... Des bisous, de la sueur, Didier mange un micro, ou le lance à l’envie, invite les demoiselles à monter sur scène pour « Petite fille » et finit en caleçon dans la fosse...

En somme, un festival dont cette journée donnait un respectable aperçu, entre têtes d’affiche et découvertes, dans un cadre agréable et encadré avec sourire et efficacité... Vivement le prochain...

Sepul-râle-ment vôtre,

Renaud / evil.muffin.666


LES VIDEOS
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Ces extraits vidéos sont à titre d'illustration et leur qualité sonore n'est pas représentative du groupe en concert / These small video excerpts are for promotional use only and the low-fi sound is not representative of the band quality in live !


LE CONCERT DE PARABELLUM




LE CONCERT DE SUBWAY




LE CONCERT D'OBERKAMPF




LE CONCERT DES SUPREMES DINDES




LE CONCERT DE MARCEL ET SON ORCHESTRE




LE CONCERT DE GREEDY GUTS




LE CONCERT DES WAMPAS






Tschüß !

RICHTER

Merci à Fabien M. de AMB France Musicpour les informations complémentaires concernant les diverses prestations.

Nous ne sommes pas responsables des photos et vidéos.Celles-ci ne sont pas hébérgées chez nous, mais sur les sites des photographes qui les ont prises.Pour tout problème concernant une photo ou une vidéo, merci de contacter directement le photographe par mail et de mettre en copie webmaster@netgoth.fr en précisant le titre de la chronique.

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